
Depuis près de quatre-vingts ans
Les sentiers de Grande Randonnée racontent une histoire collective faite d’aventure, de bénévolat et d’évolution des pratiques.
Les débuts : l’esprit d’itinérance
Lorsque les premiers GR apparaissent, ils sont pensés comme des itinéraires au long cours traversant massifs et régions. Les randonneurs, encore peu nombreux, partent pour plusieurs jours avec des sacs de 10 à 12 kg contenant couchage, vêtements et ravitaillement. Les tracés privilégient les paysages et les points de vue, souvent loin des villages. La randonnée itinérante conserve alors un véritable esprit d’aventure.
La construction d’un réseau cohérent
Au fil du temps, les GR commencent à sillonner l’ensemble de l’Hexagone. À côté de ces grands itinéraires apparaissent les GR de Pays, permettant de découvrir plus finement un territoire, un département ou une région. Cette expansion s’accompagne progressivement de la mise en place d’une organisation de qualité destinée à garantir la cohérence du réseau.
Cette organisation repose sur un double regard : la connaissance du terrain portée par les acteurs locaux et une harmonisation permettant d’assurer la continuité et la lisibilité des itinéraires.
Trois niveaux d’organisation sont ainsi mobilisés :
- Le niveau départemental, proche du terrain et chargé du suivi et de l’entretien des sentiers
- Le niveau régional, qui assure l’articulation entre territoires et massifs
- Le niveau national, garant de l’unité du réseau et des règles de balisage.
Les chemins naissent toujours du terrain, mais leur cohérence se construit collectivement pour former un réseau lisible à l’échelle du pays.
L’évolution des pratiques et des attentes
À mesure que le réseau se structure et s’étend, les pratiques évoluent également. De nouveaux randonneurs découvrent l’itinérance avec des attentes différentes : hébergements plus réguliers, ravitaillements plus accessibles et davantage de confort. Les itinéraires s’adaptent progressivement, passant parfois plus près des villages et valorisant davantage l’histoire et le patrimoine des territoires.
Une organisation portée par les bénévoles
Le balisage constitue l’une des pièces maîtresses du réseau des GR. Des équipes de bénévoles se sont progressivement organisées dans les comités départementaux et régionaux pour entretenir les sentiers et garantir la qualité des itinéraires.
Aujourd’hui, près de 10 000 bénévoles participent à cette mission à l’échelle nationale. Dans certains comités, on peut compter jusqu’à 150 baliseurs, engagés dans un travail patient et inscrit dans la durée, souvent en lien étroit avec les collectivités territoriales.

Nouvelles pratiques et nouveaux itinéraires
Si certains itinéraires se sont adaptés à une pratique plus confortable, l’esprit d’aventure persiste chez de nombreux randonneurs. C’est dans ce contexte qu’est apparue récemment la catégorie des GR Aventure, inspirée notamment d’expériences nord-américaines et cherchant à renouer avec une itinérance plus engagée.
L’organisation des GR a également inspiré d’autres formes de parcours, souvent à l’échelle locale : les BR® (Balades à Roulettes) ou encore les HR® (Handi‑Randonnée), permettant d’ouvrir la pratique de la randonnée à un public plus large.
Les sentiers locaux
À côté des GR et des GR de Pays existent aussi les PR (Promenade et Randonnée). Leur organisation est plus diverse, car elle dépend largement des initiatives des collectivités et des acteurs locaux.
